Rose la
timide romantique, Ruby la gothique rebelle…
comme chez les 7 nains, les 6 chaperons rouges ont chacun leur
caractère.
The Path : promenons-nous dans les bois…
Type : jeu lent, full-3D à la 3ème personne.
Genre : Six soeurs qui sont aussi sûres de s'écarter du sentier que de servir de souper au loup vicieux.
Un petit chaperon dark
Dans cette version de l’histoire du petit
chaperon rouge, il n’y a aucune issue favorable pour la
petite fille. Le conte est présenté dans toute sa noirceur. Il
n’y a d’ailleurs pas qu'une petite fille, mais six
sœurs, toutes vêtues de rouge, qui ont chacune un âge et une
personnalité particulière.
Inutile ici d’aller tout droit vers la maison de mère-grand,
vous auriez perdu ! Chaque fille doit se perdre en pleine forêt et
rencontrer immanquablement le loup. Mais quel loup ? Un prédateur
particulier guette chacune d’elle, en fonction de sa
personnalité et de ses faiblesses.
The Path n’est pas tout à fait un jeu mais une expérience esthétique. Le concept repose surtout sur le design gothique des filles et des végétaux de la forêt (découpes chantournées ou enroulements spiralés).
Le design de chacune des filles a été
conçu avec soin.
Ginger, par exemple, s'inspire du personnage de Mathilda (Nathalie
Portman) dans le film Leon.
Avec finalement peu de moyens, le « jeu » parvient à créer une ambiance suggestive très efficace : changement de luminosité, augmentation d’intensité des couleurs, scintillement de certains éléments, lumière irradiant d’un endroit particulier de la forêt… un accompagnement sonore oppressant et surtout, la perte quasi complète de nos repères. Une fois sortis du sentier, impossible de le retrouver seul : nous entrons dans le cauchemar d’une forêt sans fin.
Les scènes importantes contrastent avec
le reste de l'exploration de la forêt par l'abondance soudaine de
couleurs vives.
Régulièrement, une mystérieuse fille vêtue de blanc
fait son apparition. Elle vient nous remettre sur le chemin (si on
le souhaite), ou nous guide vers des lieux inexplorés de la forêt.
Aucune énigme cependant.
Un objet "anodin" trouvé dans la forêt
devient un cogito l'espace d'une
minute.
Les filles trouvent des lieux et des objets qui se
prêtent à commentaire. Celui-ci s’écrit sur l’écran, en
jaune et n’est parfois pas dénué d’une certaine qualité
littéraire. La promenade continue, de fleur en fleur (rappel du
conte d’origine). Avec six fleurs dans notre bouquet, une
information s’affiche et nous guide vers un objet à ramasser.
Et ainsi de suite.
Puis survient la rencontre du loup. Une cinématique qui
s’interrompt avant de trop nous en dire. Puis nous retrouvons
le chaperon rouge étendu sous la pluie devant la maison de
mère-grand. Lorsqu’il se relève, il se rend dans la maison
comme un zombie et visite son inconscient (c’est du moins
comme ça que je l’interprète), qui prend la forme d’une
vaste maison. Les amateurs de symboles freudiens seront aux
taquets, mais il sera difficile de tout comprendre avec
certitude.
Certaines pièces de la maison de
mère-grand
donnent l'impression d'avoir consommé une tisane au
peyotl.
Aucune énigme, mais une ambiance qui me rappelle que j’aimerais bientôt revoir tous les films de David Lynch.
Jeu sorti en mars 2009
Réalisation : Studio Tale of tales
Distribué en téléchargement uniquement
Site officiel : http://www.thepath-game.com/

